Unschooling ou plus de formel ?

unschooling

Ces dernières semaines, j’ai eu beaucoup de doute concernant notre aventure d’unschooling. Même si Emy a une grande liberté dans ses apprentissages, je n’arrive pas à laisser de côté la lecture et les maths. Pour moi, ces 2 matières sont fondamentales pour vivre tous les jours. D’ailleurs, quand Emy rechigne à faire des maths, je lui demande si elle se souvient pourquoi c’est important et elle me répond « oui, oui, pour que je sache faire les courses toutes seules ! ». Du coup, je n’ai plus l’impression de faire de l’unschooling et je vois qu’Emy et moi sommes un peu frustrées. Nous aimons la liberté que procure l’unschooling mais comme par moment mon petit démon d’ancienne écolière revient dans ma tête avec une dose de panique (mais ma fille ne sait pas encore bien lire !?!), nous nous retrouvons à faire des exercices de lecture et de math. Du coup, ni ma fille, ni moi, ne savons ce que nous faisons vraiment.

Je ne voulais pas dire par là qu’il faille mettre à tout prix l’étiquette « Unschooling » ou une autre à notre aventure mais je voulais dire que pour ma part, je ne sais pas si je dois préparer une leçon et pour Emy, si elle peut faire ce qu’elle veut de ses journées ou est-ce que maman a décidé de faire une leçon aujourd’hui. C’est assez déroutant, je dois l’avouer.

Quand je me retrouve dans ce genre de situation de doute, soit je me laisse aller dans la panique et je fais n’importe quoi, soit je dois me ressaisir. Cette fois, j’ai opté pour la deuxième solution.

Pour cela, je n’ai rien fait. Et oui, la meilleure chose que j’ai trouvé est de ne rien faire et de ne rien décider pendant quelques semaines pour mieux réfléchir et avoir du recul sur les années passées. J’ai décidé de ne rien imposer ni à ma fille ni à moi-même, mais de vivre tranquillement comme si nous étions en vacances loin de la maison. Je ne suis plus une maman qui fait l’école à la maison mais une maman qui vit sereinement avec sa fille. Je fais des activités qui me passionnent (lire, écrire, bujoter, dessiner, me promener) et je suis les intérêts de ma fille (ballet, taekwondo, piano, violon, dessin …). Nous vivons ensemble avec des moments de jeux et de lecture, des sorties, des promenades, des activités, des rencontres avec des amis mais aussi des moments seules où chacune vaque à ses occupations. Ces moments sont précieux pour moi et je suis pleinement disponible après pour ma fille.

J’apprécie de plus en plus les heures d’attente quand j’emmène Emy faire une activité. Je ne les considère pas comme une corvée mais comme un moment privilégié où je vois ma fille s’amuser avec d’autres enfants et où je peux me retrouver seule à dessiner, lire ou écrire. J’essaie d’apprécier chaque moment de la journée.

Parfois, Emy me demande de lui écrire une page d’addition à résoudre et parfois des soustractions. D’autres fois elle me demande comment on lit tel mot ou encore de lui dicter une phrase. Je fais ce qu’elle me demande. Elle peut y passer des heures voir une demi-journée dessus puis elle change d’activité. J’essaie de ne pas en profiter pour glisser une leçon (c’est toujours très tentant) mais seulement de répondre à ses besoins et interrogations. Emy ne connait pas encore tous les sons complexes et les exceptions en lecture (il y en a tellement en français). Mais elle les rencontre en lisant ses petits albums de lecture et les apprend ainsi. Je lui donne le son et le geste en Borel Maisonny en même temps, ce qui l’aide à bien retenir.

Et voilà que la rentrée des classes se prépare en France et ici. Je voyais  les familles autour de nous et sur les réseaux sociaux s’agiter autour de cet événement avec beaucoup d’émotions pour certains (mon petit entre en CP !), beaucoup d’inquiétude pour d’autres (mon enfant pourra-t-il s’intégrer ?) et les premières désillusions des premiers jours. De nombreux enfants sont déjà en souffrance et les parents aussi, à cause d’une attente excessive et mal placée de l’école. Certains enfants de CP ont déjà 4 lignes de poème à apprendre et d’autres sont déjà signalés comme en situation d’échec au bout de 3 jours car ils ne savent pas lire le prénom des camarades de classe.

Grâce au message de tous ces parents, je me suis rappelée que j’ai choisi l’unschooling justement pour suivre les envies et les « lois naturelles » de ma fille. Ce n’est pas à moi de remplir son cerveau avec ce que je juge adapté à son âge (donc au programme de l’EN). Mais c’est à moi de lui proposer un environnement riche pour qu’elle puisse trouver ce qui pourra la rendre épanouie et de vivre en harmonie avec les autres. Un environnement riche pour moi, ce n’est pas seulement une maison avec des objets et des livres, mais c’est aussi des lieux en dehors de la maison, des personnes que nous rencontrons, la nature qui nous entoure, les activités qui nous passionnent, et des parents prêts à répondre aux questionnements.

Je crois que j’ai fait mon choix. Je signe une fois de plus pour l’unschooling !

Et vous, qu’allez-vous faire cette nouvelle non-rentrée ?

Maman homeschooler d’une fille de 7 ans, je suis aussi auteure de l’Ebook « Comment aider son enfant à parler couramment anglais » que vous pouvez retrouver sur mon autre site :

4 comments

  1. Carine says:

    J’ ai les mêmes réflexions, pfiou difficile de savoir ce qui convient à notre enfant. En unschooling jusqu’à 7 ans, j’ ai choisi un mix de formel/informel pour mon fils de 8 ans car nous avons eu une convoc (refusée) pour un 2eme contrôle à cause du fait qui’ il ne sait pas lire…il a de grosses difficultés. Mais mon fils déteste travailler, du coup pas sûre de mon choix…

    • Pooky says:

      C’est vrai que les contrôles donnent un stress supplémentaire. Nous avons la chance d’être expatriés en Thailande pour le moment, du coup, nous ne sommes ni contrôlés par l’EN de France ni par celle de la Thailande. Bon courage !

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